Ventes d'ARQANA J-7 : les raisons d'espérer

Ventes d'ARQANA J-7 : les raisons d'espérer

Nous vous présentons ici un article publié aujourd'hui dans le quotidien spécialisé, Jour de Galop. Il plante le décor de la vente de la semaine prochaine; un concentré de prudence et d'optimisme.

À la réception du catalogue d'Arqana, tout le monde est d'accord : le catalogue est en gros progrès. C'est-à-dire que l'offre de yearlings sera d'une très bonne qualité en ce mois d'août à Deauville. Nous aurons l’occasion d'y revenir dans les prochains jours. Les interrogations sont ailleurs et, pour cette fois, elles ne tiennent pas aux yearlings, ou aux courses elles-mêmes. C'est la situation économique globale qui inquiète les acteurs de ces ventes. Les causes sont multiples : la crise américaine des subprimes, les effets de cette crise sur le système bancaire et hypothécaire mondial, la baisse sérieuse des marchés des valeurs, l'effondrement de l'immobilier aux USA ainsi que dans pays neufs d'Europe comme l'Irlande et l'Espagne, le coût croissant de l'énergie de par le monde, la montée résultante des taux d'intérêt et les risques conjugués d'inflation et de stagflation. Le climat économique est plus que morose. Et pourtant…

Deauville et ses yearlings échappent-ils à ce tableau maussade ? Deux réponses à cette question vitale pour la semaine prochaine : La première nous vient des premières grandes ventes internationales de yearlings qui se sont déroulées lundi et mardi derniers à Saratoga, dans l'État de New-York. Une offre de qualité rencontrait des acheteurs américains et internationaux. Cela ressemblait à un test, grandeur nature, avant les ventes de Deauville. De plus, ces ventes de Saratoga, le « Deauville américain », ont toujours concerné la demande américaine, entraîneurs et propriétaires yankees se trouvant sur place à l’occasion du grand meeting qui s'y déroule. Ce test était donc difficile, puisque les Etats-Unis sont l'épicentre de la crise qui affecte l'ensemble mondial. Ce premier test est de nature à rassurer les plus inquiets : le marché est plutôt en progression, avec une hausse de 2% de la moyenne des yearlings vendus, ce qui est remarquable sachant que les résultats de l'année dernière étaient déjà en forte progression. Le nombre des rachetés est resté le même, 25%, et si le chiffre d'affaires a baissé, c'est parce qu'il avait moins de sujets présentés. Cette sorte de statu quo positif est donc une nouvelle plus que rassurante pour Deauville dans la mesure où l'on pouvait s'attendre à une baisse sensible aux USA, à l'image de la conjoncture locale.

La seconde réponse tient à la reconnaissance de la spécificité du marché des chevaux, et des yearlings en particulier. Ce n'est pas un marché parmi les autres, un marché qui serait au diapason des vibrations du moment. Les yearlings, c'est autre chose, c'est la rencontre d'acteurs aux motivations différentes qui ne réfléchissent pas en fonction d'une conjoncture économique précise. Comme les éleveurs qui conçoivent leur production deux à trois ans avant la vente, les acheteurs sont souvent “contraints” de se fournir s'ils ne veulent pas délaisser l'activité. C'est en ce sens que le marché des yearlings s'émancipe des paramètres économiques courants, comme le fait le marché des jeux, qui ne suit pas celui de la consommation générale. C'est au nom de ce découplage du marché des yearlings par rapport aux tendances fondamentales d'une économie que l'on peut donc avancer l'idée d'une autonomie relative du marché des yearlings. En conséquence, il n'est pas évident, et sûrement pas automatique, que la conjoncture économique maussade affecte le marché d'Arqana la semaine prochaine. Et il est clair que la bonne tenue de Saratoga est un parfait exemple de ce constat “économique” du découplage et de l'autonomie, qui fait du marché des yearlings une sorte de niche où se retrouvent aux prises des individus et des intérêts qui peuvent difficilement échapper à la rencontre des enchères. Cette “distance” entre le marché des yearlings et la conjoncture économique est la raison qui incite à croire que Deauville, à l'image de Saratoga, sera ferme et positif, sachant que l'offre est de qualité, et qu'Arqana déploie un nouveau marketing de nature à renforcer l'attractivité de l'événement.