Le monde du pur sang
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Le marchéSource : Thoroughbred Daily NewsEvolution du marché des ventes de yearlings entre 2001 et 2008.Etats-Unis, en dollars
Europe, en euros
AnalyseDifférents points sont importants à retenir par rapport aux ventes de yearlings depuis 2001. En Europe, le marché n’a pas subit le fort ralentissement que les Etats-Unis ont connu en 2002, après la crise amenée par le 11 septembre. Par contre, celui-ci s’est fait sentir en 2004, année de restructuration pour les agences de ventes, dans le but de s’adapter à l’offre toujours croissante. Aujourd’hui, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, le marché s’est montré capable d’absorber les nouveaux arrivants d’une part et de maintenir une hausse du prix moyen d’autre part. Ceci est un aspect très positif car il induit une demande soutenue à tous les niveaux du marché. Malgré cela, il ne faut pas oublier les problèmes que peuvent poser, sur le long terme, un maintien de la croissance du nombre des naissances aboutissant sur une situation de surproduction. Sur le plan des résultats globaux de l’activité, on remarque qu’ils sont en forte augmentation depuis 2004, mettant en avant la taille du marché et son potentiel. Il est en effet intéressant de noter la toute récente mise en place d’organisations de démarchage et de promotion. Celles-ci sont probablement trop « jeunes » pour qu’on puisse analyser un véritable impact mais cela laisse supposer une relance encore plus forte du marché dans les années à venir. Cet élément sera doublement positif, car sont visés par ces organisations, des potentiels propriétaires de chevaux de course. Ce seront donc de réels investisseurs finaux et non pas des "spéculateurs". Malgré ces signes positifs et une tendance à la hausse, le marché connaît régulièrement des corrections cycliques qui peuvent parfois générer des écarts importants entre deux exercices. Par exemple, un marché des foals fort doit être suivi par un marché des yearlings fort puis d’un marché des deux ans également en hausse pour que tous les acteurs puissent être en situation de bénéfice. Si l’un de ces marchés chute, cela aura un impact immédiat sur les prix l’année suivante car la capacité d’investissement de certains acteurs sera alors plus faible. Une baisse des prix à l’achat, engendre alors automatiquement des opportunités de marges supérieures et relance les prix à la hausse. Il est difficile de pouvoir prévoir ces cycles car leurs origines peuvent être bien diverses et spécifiques à certaines ventes. En effet, ce marché n’est pas autant indexé sur les marchés financiers ou sur l’économie mondiale que certains secteurs d’activités. Malgré cela, on remarque ces dernières années une influence croissante de la mondialisation. Celle-ci a des aspects positifs lorsque de nouveaux riches chinois, indiens ou russes viennent investir sur les marchés européens. Egalement des aspects plus négatifs lorsque les japonais divisent leurs investissements par trois à cause de taux de change peu favorables. En 2007 nous avons pu voir se former un décalage entre le marché haut de gamme et les ventes de qualités plus inférieures. Les courtiers et propriétaires, se rendant à ses ventes haut de gamme, ont des exigences très élevées. C’est la raison pour laquelle les agences de ventes, malgré un nombre de naissances en augmentation chaque année, font le choix de restreindre la taille de leur catalogue « dit » de sélection. Les résultats sur ces marchés montrent donc la bonne santé du haut du marché, peu touché par la surproduction ou par les fluctuations de la bourse liées à au début de la crise des Subprimes. En effet, la quantité n’étant que rarement associée à la qualité, le marché des chevaux ne fait pas exception. Les résultats des ventes de yearlings de moindre qualité ont eux, été bien plus affectés. Le nombre de chevaux vendus s’en est trouvé en nette diminution et le marché s’est montré extrêmement sélectif. ![]() Top Price des ventes 2007 à Deauville :
un fils de Galileo vendu par le Haras d'Etreham pour 1 400 000 €
On peut donc clairement affirmer qu’en 2007 deux marchés distincts ont commencé à se former. Les ventes de sélection, comparables à un produit de luxe, à l’abri des fluctuations et d’une baisse de la demande et les ventes de deuxième catégorie, plus exposées au risque de surproduction et animées par des acteurs plus affectés par l’évolution de l’économie réel et la bourse. La France et les Etats-Unis ont montré en 2007 des signes très encourageants de résistance. Que ce soit par la qualité des allocations dans l’hexagone et par la taille du marché domestique outre atlantique, ces deux marchés se sont affirmés comme des marchés plus sains et réguliers que l’Irlande ou l’Angleterre. Pour maintenir cette situation sur le long terme, il est important qu’en France le PMU conserve son monopole sur les paris hippiques. En effet, il permet encore cette année à France Galop d’augmenter ses allocations de 4%. Ce sont ces allocations qui attirent les propriétaires et qui par ricochet soutiennent les ventes de yearlings. Les premières ventes de yearling de cette année 2008 confirment les conclusions de l’année 2007. Les résultats des ventes de sélections de Saratoga ont montré une hausse de plus de 2% de la moyenne, alors que celle de Fasig Tipton July, de moindre qualité, ont elles accusé une baisse de 12%. Il semble que ce schéma devrait être le même sur le vieux continent même si les ventes françaises sont abordés ave un certain optimisme. Voici enfin quelques extraits d’une étude qui avait été publiée en 2006. Ils ont été traduits de l'anglais au français. « L’élevage, comme les courses, n’est pas une activité pour les cœurs fragiles ni pour les gens facilement découragés. En effet, les bénéfices peuvent être spectaculaires mais également irréguliers et imprévisibles. Malgré cela, ils sont toujours très attractifs pour les investisseurs car il y a aujourd’hui beaucoup plus de gens qui investissent dans l’élevage pour vendre que de gens investissant dans les courses. » « Certains observateurs ont décris le marché des foals en 2006 comme le plus forts qu’ils aient jamais vu et les chiffres le confirme certainement. 10% de foal vendu en plus pour un chiffre d’affaire en hausse de 32% et une moyenne qui a gagné 20% (de 25 000 à 30 000€) par rapport aux chiffres de 2005. » « Le monde des chevaux de course a toujours été plein de charme. La différence aujourd’hui est que les ventes sont devenues bien plus charmantes que les courses. Que ce soit l’attrait de ces sommes vertigineuses, la rapidité des retours ou bien juste le plaisir d’acheter et de vendre, pour beaucoup de gens, c’est le lieu où il faut être. » « Qu’est ce que serait ce marché si des institutions organisées allaient démarcher des nouveaux investisseurs ? On peut se le demander quand on voit les résultats que cette activité est en train d’accomplir presque sans essayer. » « Ces chiffres illustrent très bien là ou la véritable progression se trouve aujourd’hui dans le marché des chevaux de courses : dans l’élevage et non dans les courses. Que ce soit pour l’opportunité de faire de l’argent ou pour le plaisir de participer à ce marché, l’hippodrome n’est pas la ou cela se passe ces temps-ci. Peut être que le passage au polytrack pour les courses aux Etats-Unis pourra y remédier, mais pour le moment il semble que plus l’on s’éloigne de l’hippodrome, plus le marché est fort. » |




